by Julie Delvallée
Le luxe n’échappe pas à la contraction du marché. Plus rares, les ouvertures de nouvelles boutiques constituent toujours, cependant, un événement important. Démultiplié grâce aux nombreux canaux de communication. Comment s’expriment aujourd’hui les codes du luxe en magasin ? Enquête

C’est ce que l’on appelle défrayer la chronique. Au mois de juin 2025, le groupe LVMH a ouvert un nouvel espace pour sa griffe Louis Vuitton, à Shanghai. En guise de coque pour ce magasin, la proue d’un gigantesque bateau haut de plusieurs étages, surmontée d’une cheminée rouge. À l’intérieur, avec un raffinement qui laisse pantois, le lieu plonge d’abord le visiteur dans une croisière en bateau, un siècle plus tôt. Malles en cuir, esprit art déco… Il voyage ensuite au sein d’ambiances variées, où tout est fait pour valoriser, en plus des articles à la vente, l’histoire de la marque et celle de la ville chinoise, poumon économique du pays grâce à son port maritime.
De l’avis général, il s’agit bien de l’ouverture la plus remarquée de 2025 dans le luxe. « De plus, The Louis attire une clientèle nombreuse dans les espaces de restauration, bars et retailtainement », précise Nicolas Rebet, expert du secteur et à la tête du cabinet de conseil Retailoscope. Mais c’est loin d’être la seule inauguration à avoir marqué les esprits : Le Printemps, Dior, Lacoste, ont présenté à Manhattan l’an passé de nouveaux concepts ; le styliste français Jacquemus a ouvert au sein de la Grosse Pomme sa première boutique. Yves Saint Laurent et Louis Vuitton ont fait de même à Milan. Magnanni, Restoration Hardware, Balenciaga, ou encore YSL ont hissé un nouveau pavillon sur les Champs-Élysées ou à proximité. Les joailliers Cartier et Tiffany & Co. ont, eux, privilégié le quartier huppé de Tokyo, Ginza, pour leur nouvelle boutique…